Le jardin de Liliane, à Saint-Laurent-sur-Gorre en Haute-Vienne, s’étend sur 8 000 m² au pied d’une maison forte du XVIe siècle. Liliane Broussaudier l’a façonné seule, sans plan, à partir de 1982. En pratique, ce lieu répond à une question simple : que peut donner un pré laissé à l’instinct d’une passionnée pendant quarante ans, sans pesticides ? La réponse tient en un vallon planté d’essences rares, reconnu comme un des plus beaux jardins du Limousin.
En bref
- 8 000 m² de jardin créés dès 1982 par Liliane Broussaudier, sans architecte.
- Une collection dense d’arbres et de vivaces rares, aux couleurs mauve, blanc et violine.
- Le jardin a participé à l’émission « Le jardin préféré des Français ».
- Depuis le décès de Liliane en 2023, le lieu reste un repère du patrimoine.
- Des chambres d’hôtes au château des Bermondet permettent de prolonger la visite.
Le jardin de Liliane, une passion née en 1982 en Haute-Vienne
C’est en 1982 que Liliane Broussaudier commence à planter les premiers arbustes d’un pré de 8 000 m², bordé par la Gorre, un affluent de la Vienne. Elle ne connaissait rien au jardinage au départ. Elle a appris en visitant d’autres jardins, en rencontrant des jardiniers passionnés et en fréquentant l’association botanique « La Salicaire », tout en dévorant des ouvrages spécialisés sur les plantes.
Les conditions n’ont rien d’un terrain idéal. Les crues de la Gorre peuvent immerger le bas du jardin sous un mètre d’eau au printemps, et les hivers descendent parfois jusqu’à -20 °C. Ce climat de contrastes n’a jamais découragé Liliane : « Qui m’aurait dit qu’en plantant ces premiers arbustes fin 1982, je commençais une si belle aventure ? », confiait-elle à France 3 Limousin. Quarante ans plus tard, ce bout de Haute-Vienne était devenu un lieu incontournable du patrimoine horticole régional.
Le jardin de Liliane, sans plan ni architecte
Le principe de Liliane était simple : ne jamais forcer une plante à s’adapter au sol, mais la déplacer jusqu’à trouver l’endroit où elle s’épanouit. « J’ai tout fait toute seule, ça s’est fait petit à petit, sans plan », expliquait-elle. Cette méthode empirique, répétée pendant quatre décennies, explique la densité et la cohérence du jardin malgré l’absence de tracé initial.
Ce que l’on découvre en visitant le jardin de Liliane
Passé le portail d’entrée, la vue s’ouvre sur un vallon planté tout en pente, avec une large pelouse centrale encadrée de plates-bandes généreuses. La palette de couleurs choisie par Liliane privilégie le mauve, le blanc, le bleu et surtout le violine, sa teinte de prédilection, en évitant le jaune, l’orange et le rouge.
La collection végétale impressionne par sa rareté : Staphylea pinnata, Poliothyrsis sinensis, Poncirus trifoliata, Chionanthus retusus, plusieurs espèces de Viburnum et d’Acer, ainsi qu’un Heptacodium miconioides planté depuis plus de vingt ans. S’y ajoutent des roses anciennes, dont la Rosa Maria graebnerae et la Blush Noisette, entourées de tapis de colchiques et de cyclamens sous les Prunus subhirtella.

Liliane portait aussi une attention particulière aux écorces, mises en valeur l’hiver quand les floraisons se font rares, ainsi qu’aux parfums qui accompagnent la promenade d’un massif à l’autre.
Le château des Bermondet, écrin du jardin de Liliane
Le jardin se déploie autour du château des Bermondet, une maison forte du XVe siècle qui domine le vallon. Les visiteurs qui poussent la porte découvrent un intérieur tout aussi soigné que le jardin, décoré avec la même sensibilité poétique. Ce cadre bâti donne au lieu une dimension patrimoniale qui dépasse le seul intérêt botanique : le jardin raconte aussi l’histoire d’une bâtisse limousine réhabilitée par la passion d’une seule femme.
Un jardin façonné sans pesticides ni arrosage
La philosophie de jardinage de Liliane tenait en quelques principes qu’elle répétait avec humour : « Je tonds, j’élague et j’essaie d’utiliser peu d’outillage électrique, je me contente de la bêche, ma fourche bêche et ma pioche. Pas de produits agressifs, pas d’arrosage, seulement lors de la plantation. » Une approche exigeante, mais cohérente avec la rusticité des espèces choisies, capables de tenir sans assistance une fois enracinées.
Cette rigueur n’excluait pas la fantaisie : Liliane aimait raconter l’histoire du Vitex, surnommé le « poivre des moines », dont on séchait autrefois les feuilles et les fruits pour les glisser dans les matelas et les ceintures monastiques.
L’héritage de Liliane Broussaudier depuis 2023
Liliane Broussaudier est décédée en septembre 2023, à l’âge de 76 ans, laissant derrière elle l’un des jardins les plus admirés du Limousin. Disciple de la théorie du jardin en mouvement de Gilles Clément, elle avait su faire de ce lieu bien plus qu’une simple collection de plantes rares. Le jardin avait déjà gagné en notoriété nationale en participant à l’émission « Le jardin préféré des Français » sur France Télévisions, et en étant régulièrement mis à l’honneur sur les réseaux sociaux dédiés au jardinage.
Depuis sa disparition, le jardin reste une référence du patrimoine horticole régional, cité par les guides et associations qui recensent les plus beaux jardins de Nouvelle-Aquitaine. Sa disparition a été ressentie comme une perte pour toute une communauté de passionnés qui venaient chercher ses conseils autant que ses plantes.
Informations pratiques pour visiter le jardin de Liliane
Le jardin de Liliane se situe au 7 impasse du château, 87310 Saint-Laurent-sur-Gorre, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Limoges. Pour prolonger la découverte du lieu, des chambres d’hôtes sont proposées directement au château des Bermondet, une manière de profiter du vallon planté au calme, tôt le matin ou en fin de journée.
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Avant de vous déplacer, mieux vaut vérifier les jours et horaires d’ouverture en cours, un jardin privé de cette nature n’étant pas toujours accessible en continu toute l’année.
FAQ : vos questions sur le jardin de Liliane
Où se trouve le jardin de Liliane ?
Le jardin de Liliane se trouve à Saint-Laurent-sur-Gorre, en Haute-Vienne, à environ 30 km au sud-ouest de Limoges. Il s’étend autour du château des Bermondet, une maison forte du XVe siècle bordée par la Gorre.
Qui a créé le jardin de Liliane ?
Le jardin a été entièrement créé par Liliane Broussaudier, à partir de 1982, sans architecte paysagiste ni plan préétabli. Elle a appris le jardinage sur le terrain, en s’appuyant sur des rencontres, des lectures et l’association botanique La Salicaire.
Peut-on encore visiter le jardin de Liliane aujourd’hui ?
Le jardin reste ouvert à la visite et des chambres d’hôtes sont proposées au château des Bermondet. Il est toutefois recommandé de vérifier les horaires actuels avant de s’y rendre, la disparition de sa créatrice en 2023 ayant pu faire évoluer l’organisation des visites.
Quelles plantes rares abrite le jardin de Liliane ?
Le jardin réunit des espèces peu communes comme le Staphylea pinnata, le Poliothyrsis sinensis, le Chionanthus retusus ou l’Heptacodium miconioides, aux côtés de roses anciennes et de nombreuses vivaces choisies pour leurs écorces, leurs parfums et leurs couleurs mauve, blanche et violine.
Conclusion
Le jardin de Liliane condense en 8 000 m² tout ce qu’une passion patiente peut construire : une collection végétale rare, une méthode sans artifice et un cadre bâti à la hauteur du travail accompli. Depuis la disparition de Liliane Broussaudier en 2023, ce vallon planté du Limousin continue de porter son nom et son héritage, entre botanique de terrain et art du paysage sans architecte.
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